samedi 31 décembre 2016

Crazyhead: féminisme, rock, démons et absurde


 

Plop, plop mothafucka. Ceci est une entrée en matière tendre et discrète parce qu'aujourd'hui on va parler d'un bijou brut, abrupte même, qui est absolument génial. 6 épisodes de 42/44 minutes et déjà une de mes séries préférées ever. Genre vraiment.
Aujourd'hui on parle de la nouvelle série fantastique Netflix: Crazyhead.
Et la série porte absolument bien son titre.


Crazyhead, c'est l'histoire de démons qui prennent possession des humains, de deux nanas qui peuvent les voir et qui kickent des asses, d'un sidekick élévé à la culture du porn et d'une vibe Buffy version UK superbe avec une note féministe rare. Le tout saupoudré par un humour absurde et à contre pied absolument magnifique. L'humour anglais dans son absolu: et ça c'est ma cam. Parce que la cocaïne n'est pas une bonne idée pour mes narines fragiles. Et que le WTF c'est plus mainstream.


Le casting de cette série est dingue. Haha. Dingue. Crazyhead, rigole. Toplait.
Les gueules sont parfaites, toutes sont intéressantes et chaque acteur joue parfaitement son rôle. Au point d'arriver à apprécier même le porte flingue des méchants et son côté boxeur irish adolescent. Mais bien sûr la claque provient bien sûr du duo féminin: Raquel et Amy. Deux femmes réalistes avec un parlé vrai mais surtout un féminisme bien présent. Enchaînant les punchlines genré dans la droite lignée de la plus grande héroïne de série du monde: Buffy.

«  Tu te penses à l'abri du danger juste parce que tu as une bite ? » Raquel, 2016


La parenté avec Buffy pourrait ne pas s'arrêter là tant elle est visible mais ce n'est qu'un parallèle fait pas un esprit qui adore cette série de Whedon: les deux nanas fortes, le sidekick rigolo, l'humour jusqu'aux combats avec les démons etc. Mais l'extrapolation à faire ici se trouve surtout dans le féminisme. J'ai vu une critique qui disait qu'il n'y avait rien à creuser dans cette série. Ce qui est triste de ne pas savoir regarder surtout sur des perles comme ça. Il y a plein de symbolismes dans cette série, comme dans chacune série d'ailleurs:
La dichotomie démons/héroïnes: les démons étant des hommes (il n'y a qu'un seul démon féminin dans la série); les punchlines; les personnages masculins qui sont majoritairement à l'ouest avec notamment un sidekick issu de la culture porno (qui est très sympa hein, mais absolument weird dans son rapport au sexe). Et encore, j'ai fini la série hier. Je suis sûr qu'il y a 36 000 choses à voir. L'empirisme en plus.
Mais ce féminisme n'est pas un message forcé dans la gorge, enfoncé dans l'esprit qui aurait pu casser le rythme. Non. C'est une continuité de l'esprit rock des deux héroïnes, du monde qui les entoure et de leurs personnalités. Rien n'est trop gros, trop souligné. Tout est là dans une logique superbe qui passe crème (award de l'expression 2013 attention). Une excellente chose et surtout: Raquel ce perso quoi. Superbe. Nouvelle héroïne rock de mes rêves.






Ai-je dis que la série était drôle ? Parce que cette série est à l'absurde ce que Laurie & Fry sont à l'humour anglais: un délice. Un WTF perpétuel mais un joli. Celui qui vous fait vous demander ce qui se passe devant vos yeux ébahis d'autant de connerie. Magnifique.
Une autre qualité se trouve dans la bande son de la série: assez typée revival 80, notamment avec une ambiance assez John Carpenter. Un joli coup qui renforce son aspect horrifique. Parce que la série n'est pas que drôle ou féministe, elle joue également très bien sa carte de l'horreur. Un bon point. Excellent même.


Bref: Crazyhead c'est un peu comme du Buffy Uk dans sa lignée féministe, pop culture et rock. Versions 2016 avec smartphone et humour anglais. Elle possède également sa propre identité. Reconnaissable entre milles. Le duo Raquel et Amy est parfait. La jolie matraque téléscopique aussi.


17/20 BB

samedi 24 décembre 2016

Rogue One: la Force est avec nous !

 


Oh Star Wars, muse de mon imaginaire qui me poursuit depuis cette VHS de l'Empire contre attaque, je t'aime. Vraiment. Beaucoup. Me Love You Longtime. Avec ou sans tendresse.
Hier soir, tu m'as encore procuré une petite claque. Merci.




Rogue One était annoncé, par les critiques du net, comme 1) soit un chef-d'oeuvre et le meilleur Star Wars 2) une décéption totale. J'y allais donc avec une attente démultipliée surtout après ma petite déception du VII qui m'avait laissé sur ma faim. Alors, armé de mon pop corn (oui je suis de ces fdps, salut salut) et de ma copine totalement allergique à Star Wars, je me suis posé devant le grand écran avide de cette nouvelle aventure. Une aventure qui semblait énorme car, presque, libérée du poids des autres films. La préquelle pouvait lui donner des ailes où les brûler. Alors, Icare/20 ou pas ?





Ce Star Wars tient ses promesses: celle d'une histoire dans l'univers de Star Wars avant la première trilogie et de tout que cela implique. Il en ressort un côté “vintage” très appréciable, notamment dans les scènes de cockpit qui possèdent un certains cachet volontaire rappelant les premiers films par exemple. L'énorme qualité de cette préquelle c'est également de voir L'Empire à l’œuvre dans sa tyrannie et son ambition de réduire à néant tout ce qui barre son chemin. Un bon point lorsque l'on sait que nous arrivons, avec le IV, avec Un Empire déjà posey. Même chose pour la Rebellion avec  une vision, même brève, d'une Rebellion beaucoup plus extrémiste dans son comportement et son combat: intéressant. Il se permet également de rajouter une épaisseur à l'Alliance rebelle avec les lignes qu'elles franchies parfois (Cassian est un superbe personnage pour cela).  Rajoutons à cela un univers poussiéreux et nous sommes en terrain connu: celui de la galaxie à l'agonie que nous avons découvert dans la vraie trilogie.



Le film se détache de la lignée des trilogies dans une thématique très intéressantes: celle des jedis. (Normal me direz-vous après l'ordre 66...) Nous sommes en dehors de la saga Star Wars, la saga Skywalker et de toutes ses thématiques (le poids de l'héritage, la force et ses deux côtés, l'élu etc....). Non, ici on est loin de tout ça. Et, tant mieux. Car c'est ce qu'il en fait un de mes films préférés de l'année.
Même si nous nous retrouvons en terrain connu, dans un terrain empli de clin d'oeils (la planète WOBANI haha.... OBI WAN quoi), nous sommes dans un Star Wars qui porte très bien son titre : La guerre des étoiles. Nous nous retrouvons, donc, devant l'histoire des “petits héros”, des héros de tous les jours, les vrais. Ceux qui crèvent, saignent et en prennent plein la gueule dans l'immense bataille qui se joue entre les Rebelles et l'Empire. Toutes les victimes annexes de ce combat manichéen et pas seulement les plus charismatiques. Les personnages sont petits par rapport à l'ampleur du conflit et c'est foutrement bon. On se retrouve avec des images dignes du D-Day, dans ce flou entre le massacre et l'héroïsme. Les scènes de batailles sont magnifiques d'ailleurs. Absolument magnifiques. Désespérée, guerilla-like et envie de se battre dans les tripes. On apprend toute la valeur du sacrifice, de la valeur des croyances et de l'espoir.
Car, sans spoiler la fin, les personnages ont bien compris une chose: ils ne sont que des acteurs de ce conflict galactique. Une pierre à l'édifice. Chacun est là pour faire avancer la machine. Et la fin en est un superbe exemple, magnifique, tirant les entrailles sur son implicite: la victoire est là. L'espoir est là. Il va arriver. Grâce à eux. Et que c'est beau.  Sacrifices, batailles, prise de conscience de la place d'un être dans un conflict et croyance en la Force. J'en frissonne encore.

Les personnages sont charismatiques et portent tous quelque chose en eux: une lueur obscure de de pragmatisme pour Cassian, un humour spleenesque pour K, une croyance en la Force pour Chirrut Imwe, le dernier samourai pour Baze, la gueule de Galen et le rock de Jyn. L'équipe que nous voyons sur l'écran est un superbe melting-pot de tout ce que l'on fait de mieux: autant n'est oubliable ou oublié. De l'humour, du charisme, du pragmatisme: la vie quoi.  Bien sûr, il y a quelques défauts dans leur approfondissement parfois. Mais on s'attache, on rit, on les aime. Et on lâche un petit: « han triste » devant. Parce que on est des handicapés des sentiments qui n'accepte pas de lâcher une larme au cinéma.






Il y a quelques défauts: un montage rapide au début, le personnage de Saw Gerrera sous-utilisé (non, vraiment) qui cabotine un peu. Mais les défauts sont, à mes yeux, surtout dans le build-up du début. Hormis cela: rien à signaler.



Pour conclure: c'est une perle rare que ce Star Wars, le meilleur des Star Wars? Sans doute. Entre scènes superbes, musiques magnifiques et changées (dans la continuité de la philosophie de la préquelle car elles sont un peu « amoindries » en terme de charge émotionnelle sur les musiques cultes et épiques), personnages qui ont de la gueule et du coeur. Sans doute donc. C'est une véritable histoire dans l'univers de Star Wars. Il me rappelle l'Empire contre-attaque dans cette violence de l'espoir, de ce besoin de croire et de continuer la bataille malgré tout. Il me rappelle à quel point j'aime cet univers impitoyable (je me suis retenu tout le long, déso pas déso) qui est un des meilleurs à avoir vu le jour au cinéma. Alors, merci. Tout simplement.

18, 5/20





jeudi 15 décembre 2016

Le Contorsionniste de Craig Clevenger










         Il y a des livres qui vous appellent, sifflant au vent une mélopée douce et amère qui vous met en éveil: cette chanson, vous la connaissez, vous en goûtez toute la poésie et le rythme. Elle fait déjà danser votre imagination. C'est une couverture, un synopsis, une phrase ou une citation. Moi: ce fut un tout pour ce livre. Et la chanson que ce livre sifflait, dans sa culture parfaite, était celle de Fight Club: Where is my mind ? des Pixies. Alors j'ai sombré, le sourire aux lèvres. 
        Une mélodie qui a marqué mon adolescence, tant par le film que le roman. Mais je ne parle pas seulement du cynisme, de la réflexion sur notre société, des visions inscrites dans mon imagination, du twist, de l'aspect punk... je parle également de la plume. L'organe essentiel à tout écrivain: celle de l'extension de sa propre âme.

          Le Contorsionniste, édité par le Nouvel Attila,  m'a pris par surprise à la suite d'une soirée littéraire dans une librairie. Et, ivre de curiosité, de promesses faîtes par la quatrième de couverture mais également avec une envie de lire "autre chose" que toutes ces maisons d'éditions qui ne prennent plus de risque, je suis reparti avec. Ravi de cette découverte tardive et bienvenue. Puis je l'ai approché comme on approche un OLNI (objet livresque absolument superbe et facilement identifiable par le "whow" que vous lâchez à la dernière phrase) et je l'ai refermé dans un sourire d'enfant ravi d'avoir pris autant de plaisir dans une lecture. Une sensation peu banale en vérité. Peu de livre m'ont fait vivre quelque chose d'aussi rare que cela. Et, bordel de dieu, ce livre est le digne descendant de Fight Club: tant sur la claque que sur le talent.
Alors lançons les Pixies, mais pas Where is my Mind,  car il y a d'autres pépites dans le repertoire de ce groupe. Et parce que ce livre, même si il est le digne descendant de cette oeuvre culte, arrive à avoir sa propre identité: celle d'une OLNI schizophrénique indispensable. 







Synopsis: 

C'est l'histoire d'un homme qui se réveille chaque matin dans un lit d'hôpital différent, sous un nom différent, victime d'une overdose d'une drogue différente. John Vincent est un faussaire de génie qui, pour échapper aux autorités judiciaires et sanitaires endosse des identités à l'infini. À mi-chemin de Trainspotting et de Memento, Manuel du contorsionniste est un très beau texte sur le corps, l'éducation et le vertige de l'identité, qui rappelle Irvine Welsh ou Chuck Palahniuk.



        Le Contorsionniste de Craig Delenger est le nouveau livre à la sueur punk que j'attendais depuis un siècle environ. Entre le thriller psychologique, le portrait satirique de notre société, l'enchaînement de punchlines littéraires superbes jusqu'à la quête de la perte d'identité: ce livre est une chose étrange à conserver dans le creux de sa bibliothèque. Rien n'est à jeter. Tout est à garder, donc si vous suivez encore.
          L'histoire, distillée entre les entretiens avec le psychiatre "commis d'office"  dresse le portrait d'un homme manipulateur, sujet à une migraine éternelle et récurrente, au dessus des autres par son intelligence et son comportement. Tout est conté dans un style à la première personne incisif, rythmé et empli de perles littéraires. De son enfance avec un père absent jusqu'à sa vie d'adulte aux multiples identités... nous ne perdons rien. Et heureusement, car tout dans ce récit est important: rien n'est laisser au hasard. L'auteur, comme son personnage John Vincent, est un prestidigitateur de qualité et tout dans son numéro est là pour épater le lecteur: vous n'avez encore rien vu. Mais, comme tout bon magicien, jouer avec lui en lui laissant croire qu'il contrôle le jeu. Dans cette alternance d'interrogatoire et de flashbacks, Craig Clevenger arrive à nous accrocher : nous en voulons toujours plus. Et plus, il y a en effet.


         La grande force de ce livre, outre la plume superbe du Monsieur (qui est normal de comparer à Palahniuk sur cette façon de décrire la banalité et la saleté du monde tout en y donnant de la beauté) dont il faut d'ailleurs remercier le traducteur  Théophile Sersiron pour le travail accompli, est dans sa cassure du code du récit. Le personnage, ce contorsionniste tordant son esprit et sa personnalité pour incarner plusieurs individualités (légalement, administrativement et même psychologiquement) est sublimé par les changements subtils qu'opère l'auteur dans sa façon d'écrire. Telle ou telle identité sonnera différente tout en conservant le noeud central de John Vincent: ce cynisme presque poétique. On oscille entre plusieurs identités, plusieurs prénoms et personnalités dans une joie de lecteur immense. On en danserait presque. 

J’ai le droit d’être nerveux. Restez trop calme et ça devient suspect. Il m’a fallu des années de pratique pour apprendre à avoir l’air naturel. Pensez au père de famille de classe moyenne sortant d’un cinéma X, regardant autour de lui comme un rongeur apeuré, vérifiant sa braguette, pensez au gamin aérant sa chambre et se gargarisant pour faire partir son haleine enfumée avant que ses parents ne rentrent. J’ai changé six fois de nom en trois ans, de nom, de numéro de sécu, de parents, d’expérience professionnelle, de bulletin scolaire et d’empreintes digitales. Je dois encore me rappeler comment avoir l’air naturel. "


           Sarcasme , intrigue bien ficelée avec un gros twist génial. Le livre de Clevenger m'a séduit. Mais plus que la nostalgie d'un Fight club, de ce roman ayant changé ma vie de lecteur et d'écrivain par sa façon de dépeindre le rythme de la pensée, il s'agit d'un livre qui mérite à lui seul le statut d'oeuvre culte. Il possède toute la maestria d'une plume sachant où aller, sachant dépeindre le monde avec la poésie cynique qu'elle mérite. Un livre à rajouter dans la liste de ceux qui hanteront ma vie de bibliophile patenté.





Note: Je suis le 20/20 de Jack. 


Le Contorsionniste de Craig Clevenger est traduit par Théophile Serdison et est édité par les éditions Le Nouvel Attila, une maison  d'édition à suivre.





vendredi 9 décembre 2016

Non, Pokemon 1G n'est pas la meilleure G.



Il y a deux choses dans la vie que je n'aime pas. Non, en vrai il y en a un bon milliard (du haut de mon RP Misanthrope lvl 54) mais, pour le bien fondé de votre lecture, je vais réduire ma shitlist à deux. Et par contre, je tiens tout de même à vous faire écouter cette chanson des L7, à ne pas confondre avec les L5. Les premières étant un groupe de Riot Girls faisant du bon punk, les autres un souvenir lointain de l'age d'or de la musique française. Oui, madame. Oui monsieur.
Mais bref, ces deux choses sont: la mauvaise foi et les hipsters.




Et ces deux choses se retrouvent dans un univers: Pokémon. Comme tout le monde (du moins les 90's kids) j'ai abimé ma Game boy sur ces petites bestioles. Passant des nuits sous la couette à défier les ordres parentaux, créant mes premières cernes et rushant à fond le jeu comme un noob que j'étais. Oui, à l'imparfait bordel. Et même si j'ai commencé par la version Bleue (Tortank Powaa) pour continuer sur la jaune ( qui est d'ailleurs ma préférée)  je n'arrive pas à comprendre les gens qui arrivent à dire que la 1G des PKMS est la meilleure des générations. Hormis bien sûr la drogue. Et la mauvaise foi, de mise, sur les réseaux sociaux qui veut que l'on aime toujours les choses les plus anciennes. Histoire de montrer qu'on est un vrai. On est cultivés, vintage. Que l'on a certes pas fait le Vietnam, mais qu'on a connu la vraie vie. Nous.
Parce que bordel, on avait des piles et pas des chargeurs. Et on se faisait des scolioses à chercher le soleil sur l'écran. True story osthéo.


Pokèmon est, pour beaucoup, l'un des premiers RPG qu'ell-eux ont touché. Un monde rempli d'aventure, de combat contre des garçons en short, des rencontres aléatoires dans des grottes tard le soir et de voyage dans des contrées vidéoludiques. Un jeu qui a marqué pas mal d'enfance et qui, personnellement, me suit encore. J'aime ces jeux, sorte de madeleine de Proust nippone, ils sont d'ailleurs encore rangés dans le tiroir de ma table de chevet comme un talisman contre la vie d'adulte et sa passion pour me violenter. Et malgré tout l'amour, toute la mauvaise foi aussi, que j'ai pour cette licence, je ne peux m'empêcher de réagir: Non la 1G n'est pas la meilleure. Elle est géniale, une perle pour les gosses comme nous. Un monument pour la plupart d'entre nous qui l'on vu avec le prisme contemporain. Mais la 1G n'est pas la meilleure des Générations. Pourquoi ? Tu te poses surement cette question. Ce que j'espère car cela signifie que tu te questionne sur les discours que l'on t'apporte. Un bon point pour la santé de ta cervelle rosée.



1) L'ergonomie du jeu


Un jeu vidéo c'est un amas de belles choses: un scénario, des graphismes, de la musique, un LORE mais également une prise en main. Et Pkm 1 souffre sur deux aspects primordiaux: le scénario qui n'existe pas. Mais SURTOUT la prise en main de Pkm rouge ou bleue... qui laisse à désirer pour être poli. Je sais, je sais. Tu es entrain d'objecter en disant que: "l'assistanat ça tue le jeu vidéo". Et, déjà, j'espère que tu vois que tu as le même discours que ton oncle facho au repas de noël. Et, de deux, je sais que la mode est dans la souffrance dans les jeux vidéos. Parce que le plaisir c'est so 2001. Moi-même j'aime avoir de la difficulté... mais la difficulté ce n'est pas ce qui va suivre. Non, ce qui va suivre se nomme poliment: s'embêter pour rien. Ou de la torture. Mais, je reste dans l'euphémisme moi. Calme.



Pkm 1 est un labyrinthe de menu chaotique. Oui. Repense à ton sac à dos, repense à cette recherche longue et fastidieuse d'une potion en plein combat lorsque la superbe musique sonne le glas de ton Roucoups niveau 79 auquel il ne reste qu'un PV. Ou d'une canne à pêche, d'une bicyclette (cette chose que tu cherche pour aller plus vite mais qui te fait perdre une minute pour la trouver) ... etc, etc. Le sac à dos dans le premier opus est une partie de non-plaisir total. Un outil qui se retourne au final contre le dresseur. Mauvais point
Pour continuer dans cette thématique il faut également parler des boîtes au PC du dresseur. Non, mais qui n'a jamais capturé un Pkm pour au final recevoir un "il n'y a plus de place dans la boîte, ce pkm n'est donc pas capturé." Une manière d'apprende à chaque enfant que la vie, c'est ça. Un sourire qui arrive puis qui s'efface à coup de gifle assénée avec tendresse sur votre visage. On nomme cela l'éducation. Je crois.

Et Pkm 1 est rempli de ces petites choses qui troublent  le plaisir de jeu. Bien sûr, elle possède les meilleurs Starter et le Légendaire le plus charismatique (Mewtwo). Mais à jouer, avec le recul et l’honnêteté intellectuelle qu'il convient d'avoir, il est dur d'en faire le meilleur jeu.


2) Parce que la meilleure génération c'est la 2G...:






Et en soit, je ne troll même pas. Pour avoir jouer à tous les jeux pokémons dans ma vie (ma vie est très remplie, oui. J'avais beaucoup d'amis. Ils se nommaient Tadmorv et Smogo. Parce que les autres ne voulaient pas de moi) j'en suis arrivé à cette conclusion. La 2G amène beaucoup de chose par rapport à la première. Et pas que en graphisme (hormis les pkms en combat, le reste est assez similaire).
Je parle d'histoire, de "scénario". D'aventure. Un rival avec une personalité, un antagonisme plus prononcé, un team rocket avec un vrai plan etc. La deuxième génération creuse encore plus son Lore, notamment sur les PKM légendaires mais aussi sur l'histoire intrinsèque du jeu. Oui, je vais m'expliquer:
Le jeu possède 16 badges. Et, non sans faire un concours de la plus grosse, il en possède donc le double que la 1G et pour une très bonne raison: la 2G incorpore une deuxième région dans son aventure, Kanto. La région originelle de la première aventure. Mais plus que simplement offrir un nouveau terrain de jeu, déjà connu par le joueur,  elle offre une peinture d'un Kanto changé après l'aventure du premier jeu. L'évolution de Cramois-Iles, des champions d'arène et ce jusqu'à Red. Le superbe dresseur du premier jeu que nous avons incarné. Red.


La prise en main, ici, est une partie de plaisir: sac à dos à poches détaillées, raccourci pour les objets importants et changement automatisé de boîte.
La 2G transforme l'essai de la première, l'améliore et en porte tout l'héritage. Essai encore plus transformé par la 3G qui, elle, est sublime dans tous les points.


3) Et la 3G un peu aussi :



Peu de personne ont joué à cette version j'ai l'impression. Quel dommage. Elle possède l'évolution du combat dans sa pure forme stratégique avec notamment la mise en place de nature et de personalité chez les bestioles. Une chose superbe.
Le scénario est, lui, plus poussé. Notamment avec les Team ""Rockets"" qui possèdent leurs propres objectifs suivant la cartouche mais, également, une utilisation du légendaire intéressante. Il ne sert plus de quête annexe pour devenir le dresseur ultime mais sert totalement le scénario. Sans spoiler bien sûr.

La surprise de la 3G, outre la nouvelle région, les nouveaux pkms, le graphisme, le climat, le.... ce sont les énigmes. Il y a, à l'intérieur de l'aventure, des énigmes à bases de brailles très intéressante même si facile à percer: utiliser tel capacité ici etc.


Bref, bref.  La prochaine fois que vous entendez quelqu'un dire que la 1G est la meilleure des versions: non. Simplement non. Même si ça fait joli de dire cela, c'est absolument faux. Que ce soit sur le scénario, la prise en main en encore l'aventure en elle-même. 
Je comprend que cela soit une madeleine de Proust, que celle-ci soit couverte d'amour, de tendresse, de souvenir, de scoliose, de piles et de mauvaise foi. Je l'aime également d'amour. Mais, les gens, soyons sérieux. Hormis quand on a 17 ans. Car "on est pas sérieux quand on a 17 ans".




Finir cet article coup de gueule sur du Pkrk (cover d'un certains Ferré ;)) quoi de plus beau ?









dimanche 27 novembre 2016

Danse d'Atomes D'or - Olivier Liron




Retour sur le blog. Back dans les backs. Lancer le beat, MC Andros (Andros, la fraîcheur de lire) est de retour et c'est pas pour caresser des b....  Mince. Qu'est ce qui rime avec Beat? Je me suis perdu devant un enthousiasme un peu trop présent.
Recommençons.
Cette année fut riche en culture et coup de coeur. Pour en voir toute la liste, je vous laisse découvrir ma chaîne Youtube consacrée à la SFFF, aux BD et aux comics:



















Mais aujourd'hui, j'ai décidé de vous écrire sur ce blog, de relancer ce phénix dormant, pour vous parler d'une lecture intéressante de cette année. Et non sans surprise, nous allons parler de la claque de la rentrée littéraire 2016: Danse d'Atome d'or d'Olivier Liron.  Et, rentrons dans le vif du sujet: j'ai rarement vu quelque chose d'aussi beau.
Synopsis, générique etc:

Un soir chez des amis, O. rencontre Loren, une acrobate fougueuse et libre aux cheveux couleur de seigle. Ils s’éprennent follement, s’étreignent et s’aiment le jour et la nuit dans la ville qui leur ouvre les bras. Mais Loren disparait sans un mot. Inconsolable, têtu O. la cherche jusqu’à Tombelaine en Normandie. Là, il apprendra pourquoi la jeune fille si solaire et fragile, est partie sans pouvoir laisser d’adresse.
Librement inspiré d’Orphée et Eurydice, le ballet de Pina Bausch, Danse d’atomes d’or propose une nouvelle version du mythe. Ici, Eurydice n’a pas besoin d’Orphée…
D’une beauté à couper le souffle, écrit avec la rage de vivre, le premier roman d’Olivier Liron s’inscrit dans le droit fil de L’écume des jours de Boris Vian.


Plus qu'une réécriture du mythe d'orphée entre un Eurydice et Orphée, il s'agit surtout d'un roman vrai et sincère. Et tout sauf niais. La beauté de l'amour côtoie sa saleté, son réalisme. La douleur et la souffrance, le bonheur et la tragédie. La tendresse et la passion, la sexualité véridique. Celle qui réunie deux corps et deux coeurs dans une bataille synchrone. Qui n'est pas forcement belle, esthétique mais superbe d'énergie et d'animalité. Et dans ce portrait vrai, d'un amour Gainsbougrien (à mes yeux, il n'y a qu'à écouter Sorry Angel), dans cette peinture de cette danse où les sentiments prennent le coeur, le soumet et le rend fou, Olivier Liron tire son épingle du jeu.
Jamais niais, jamais risible ou ridicule, toujours superbe. C'est un véritable écho à des ressentis, une mélopée de sentiment s'entrechoquant. Rencontre, amour, tragique, spleen. Toute la beauté de la vie, de sa dureté à ces petits riens qui, sur le chemin jusqu'à la tombe, donne un aperçu de la poésie du monde se retrouve ici. Dans une sincérité presque nue, à fleur de peau, mais qui nous permet de se retrouver là-dedans: dans cette romance vraie. Jusqu'à la douleur.






Au premier temps de la valse...
     Je ne peux parler de cette oeuvre sans introduire toutes les choses qu'elles reflètent en moi. Lorsque j'y repense, lorsque je me perds dans les souvenirs de ma lecture, la mélodie de la Valse à milles temps de Jacques Brel me revient en tête. Sans doute car, cette Danse d'atomes d'or est une valse entre deux coeurs, entre deux temporalité de la romance. Mais c'est surtout le rythme de l'écriture qui amène à ce parallèle. Car Brel, dans son talent incommensurable, avait compris quelque chose: la poésie, c'est le rythme de la vie. Et Olivier Liron l'a totalement compris.
    La plume de cet auteur, dont c'est le premier roman il faut le signaler vu le niveau ici, atteint un tel niveau de superbe que je me suis permis de relire plusieurs fois la même page pour espérer, naif, en comprendre toute la substance. Le rythme. La mélodie. La ponctuation qui agresse, libère. Les phrases sonnent comme des claques, des punchlines délivrées avec autant de tendresse que d'agressivité. Il ne cherche pas à faire dans le joli, malgré un lyrisme certains, mais dans le rythme et la sincérité. Celle d'un amour vrai de sa beauté à son tragique.






C'est moi qui t'ai suicidé mon amour, je n'en valais pas la peine tu sais....

     J'ai eu l'honneur de rencontrer cet auteur lors d'une soirée dans une librairie au gilet rouge et à la passion littéraire meurtrie dans la superbe ville d'Annecy. Une rencontre exceptionnelle qui m'a permis de comprendre encore un peu plus une telle oeuvre. Car Olivier Liron a cette qualité d'être humain. Ce qui, dans notre société à l'humanité incertaine, est une très belle chose. La rage d'écrire, de ressentir, de peindre et de transmettre tout ce rythme de la vie, toute la poésie de la banalité au sublime, transparait à travers ses yeux. Et à travers ce roman. Un auteur à suivre, certes. Mais un auteur à remercier pour un tel roman. Pour cet écho superbe au vrai amour, à la vraie romance. Je vous laisse avec un énième parallèle qui m'a marqué, que mon esprit s'est permis de m'imposer:




"Passons, passons puisque tout passe
Je me retournerai souvent.
Les souvenirs sont cors de chasse
Dont meurt le bruit parmi le vent".


Apollinaire, dans Alcools.






lundi 13 juillet 2015

It Follows: enfin un bon film d'horreur !




               




              Les films d’horreur ou d’angoisse n'ont plus de secret pour moi. Peut-être parce que, pendant une enfance pas assez longue, je me suis amusé à me faire peur et à nourrir mes cauchemars de créatures étranges et tendres. Sans doute même. De cette expérience me vient un goût pour ce genre qui, malgré le mauvais regard qu’on lui porte, amène parfois à de petites perles.
                Et It Follows n’en est pas une… non. Ce n’est pas une petite perle nacrée que l’on offre comme cela.  C’est un diamant brut, superbe, dur et rêche. Psychologique, prenant aux tripes et angoissant. Pour la première fois, depuis très longtemps, j’ai frémis. Pour la première fois depuis longtemps, je me suis rappeler de pourquoi ce genre de film est sublime.
Regardez derrière vous, elle vous suit….






Résumé :

               
Après un rapport sexuel d’apparence anodin, Jay se retrouve confrontée à d’étranges visions et l'impression que quelqu’un ou quelque chose la suit. Peu à peu la menace se fait de plus en plus présente. Proche. Et si elle la touche, c’en est fini.

                 It Follows frappe fort mais en faisant preuve d’une douceur et d’un calme étrange. Le morbide avance lentement, sa menace également. Une sorte de terreur paisible qui ne nous lâche pas car toujours présente. Vraiment. La réalisation, superbe du réalisateur, tend vers cette forme et cette intention. Les mouvements de caméra sont sobres, le « it » est souvent dans le lointain et flous, le jeu de lumière et d’ombre est maitrisé. L’esthétisme intemporel, sale, réaliste. La musique qui nous plonge dans une atmosphère de stress. Et nous, avec nos yeux curieux et angoissés, on avale tout cela. Le sourire aux lèvres et le cœur prêt à chaque sursaut. Le film est tellement prenant que l’on se surprend à guetter les arrières plans, cherchant une présence qui semble inéluctable.




                                               


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Une horreur commune et réelle:

                 Par instant le film peut nous rappeler l’horreur d’un John Carpenter qui plaçait habilement ses pions et menait  le spectateur dans les méandres d’une angoisse proche de lui : celles des hommes, celles qui se cachent parmi le voisin, juste à côté de nous sans que nous puissions le savoir. Invisible. Présente. Discrète. Ce frisson qui remonte le long de votre échine, sans aucune raison: c'est ça.
                Ici, l’horreur prend place dans une banlieue américaine sobre,  style moyenne classe et isolée. Les maisons se font face, se ressemblent. Une bulle de dortoir et de famille en somme. Chaque voisin se regarde sans se voir. On surprend la vie d’un jeune homme habitant en face, sans que nous ne le connaissions. Une sensation de réalisme transpire de la pellicule. Celle que l'on dans notre propre bulle qui, elle, n'est pas fictionnelle. L’une des autres qualités du film se trouve dans la retranscription des adolescents qui sont proches de nous comme nous sommes proches d’eux. Parce qu'ils ont quelque chose que j'ai connu personnellement: cette stagnation entre deux eaux. Entre l'avenir et l'enfance. Une peur sous forme de je m'en foutisme bien calée dans un cervelet déjà usé. Bref, ces adolescents puent la réalité.






                      Jay en est le parfait exemple lorsque, baignant dans sa piscine et fixant un ciel qui n’en a rien à foutre d’elle, elle se laisse flotter à la surface, enfouissant la moitié de son visage dans l’eau. Elle attend. Se laisse vivre. L'avenir n'est rien d'autre que le jour d'après. Tout simplement. La piste de la soundtrack portant son nom est d’ailleurs très significative : elle est aérée presque joviale et côtoie des notes graves nous rappelant parfois à la dure réalité.  Elle rappelle aussi, par les accords tenus, une certaine faculté à rêver avec l’ajout d’une reverb bien sentie. Le son presque 16 bits, que j’adore, est parfait dans ce parallèle fait entre son statut d'adolescente et de jeune femme.                                       



               

Le réalisateur a également la superbe idée de placer son récit et son horreur dans une temporalité que nous ne pouvons définir. L’ambiance 80’s, la musique proche des jeux-vidéos 16bits, les voitures… tout cela marche main dans la main avec des « liseuses » modernes par exemple. Sans repère, sans confort temporel, le visionnage s’en fait d’autant plus superbe. Car, cher lecteur ou lectrice , placer un repère dans le temps nous permet de nous rassurer sur la distance de l’angoisse ou au minimum de ne pas être perdu. Sans cela, nous subissons. Et It Follows nous prend, nous domine avec joie et brio.

Le réalisme de l’horreur provient également d’un des thèmes principaux du film, qui est primordial et assez symbolique:  le sexe et la malédiction qu’il apporte. En effet Jay, désabusée par la vie où n’en attendant rien de plus, se retrouve « contaminée » et suivie par une entité maléfique avançant lentement vers elle à la suite d'une expérience sexuelle sans lendemain.  De plus en plus proche.  Infatigable. Le symbolisme est dés lors évident pour toute personne un peu concerné par le visionnage d’un film. Il s’agit bien sûr du sida. La peur du sexe que l'on nous instaure dès notre plus jeune âge. Celle de l'angoisse de la première fois, du premier baiser, de l’erreur marquant toute une vie. Sous le nom d'une maladie ou d'un petit "Steven" de trois mois à peine. Un mal du siècle qui nous suit, sans nous lâcher, jusqu'à créer des névroses chez certains. Et une fois atteint la maladie nous suit, nous prenant lentement. Se rapprochant jusqu’à nous pour prendre notre vie…
Je suis sûr qu'il a plusieurs interprétation à cette thématique et tous les symboles qu'elle porte avec elle. N'hésitez pas à me contredire.




               

Superbe de symbolisme mais surtout de réussite. Car, là, ce n’est pas qu’une simple bonne idée ou un super postulat de départ. Le réalisateur réussi totalement ce qu’il entreprend : créer de l’angoisse dans une ambiance quasi onirique.

L’onirisme:


              

Je trouve à ce film une certaine poésie. Un spleen Baudelairien coincé dans des banlieues prolétaires, dans des lycées, des rues, des parcs que nous avons déjà arpentés dans nos vies à nous. Le même ennui, le même avenir, le même flou. Oui nous, ces ados ou anciens ados cherchant à comprendre le monde. Un rêve, cauchemar, perpétuel, lent, étrange qui fait partie de nos vies.

La musique, qui est absolument remarquable et qui sort des sentiers établis par ces films d’horreur interchangeable qui pullulent au cinéma, permet cette sensation de rêve, de fatalité et de poésie sombre. Elle nous prend les tripes et le reste avec. Je l'avoue: pour moi, elle est dans le top des OST de film horrifique que j’ai entendu depuis toute ma vie en fait. Et je suis fan d’Alien … voyez. Elle rejoint le propos du film dans ce calme apparent, dans cette menace omniprésente mais discrète. Un outil mais également un acteur important du film. L’un des plus beaux exemple se trouve dans la piste : « Compagny ». La tonalité grave, les percus et soudain…. De nulle part… la dissonance, la présence....


 

Conclusion :

                Je reste amoureux de ce film malgré le recul que je me suis forcé à avoir  en attendant quelques semaines pour cette critique. Il s’agit, à mes yeux de cinéphile, d’un film porté avec maestria et réalisé avec une poésie personnelle et prenante. L’esthétisme réaliste et sale, le postulat de départ, le jeu des arrières plans, du flou. Mais surtout la thématique de l’adolescence et du sexe. De la peur que nous avons tous de cette malédiction. De cette mort qui rôde.
                Tout simplement le meilleur film d’horreur que j’ai vu depuis…. Depuis bien trop longtemps. A l'opposé des courses au gore idiot, des twists et autres tortures: une horreur intimiste et un rêve à l'écho quotidien.







jeudi 18 juin 2015

Le Héros des Rêves- Brian Lumley

     
C'est beau...



           Mnémos, je vous aime. Non, vraiment. Parce que vous faîtes des superbes éditions. Parce que les couvertures dures c’est diablement la classe, encore plus reliées. Alors lorsque je vois une de mes maisons préférées, une édition et une couverture comme cela… je fonce, je fonds, je plonge. La tête la première. Et si sur la couverture se trouve un « d’après l’œuvre de Lovecraft… », je ne réfléchis plus.
Et je n’ai pas réfléchis.

Car Lovecraft, dont je suis un fan absolu, est un auteur qui me touche et me transporte. Son univers humide où la folie frôle trop souvent les mortels, où la mort les soulagent parfois, où la connaissance et l’esprit ne peuvent concevoir ce qui se cachent sous les draps sales de la nuit… pour tout cela. Il avait une imagination folle inspirée de ses rêves étranges, il n’est donc pas étonnant de voir son univers réutilisé tant son mythe et son culte sont appréciés. Il n’est donc pas étonnant de me voir plonger…


Nota bene : J’ai l’édition intégrale des « Légendes des Contrées du Rêve ». La critique qui suit ne porte que sur le premier roman de la trilogie : Brian Lumley. Une trilogie sur les « Contrées du Rêve », une contrée inventée par Lovecraft dans diverses de ses nouvelles.

Résumé :
Malgré une existence confortable et une carrière prometteuse d'illustrateur, David Hero ne peut s'empêcher d'éprouver un étrange sentiment d'insatisfaction : chaque jour ressemble au précédent, sans histoires, prévisible, bref parfaitement ennuyeux.
Mais la nuit, tout change : il devient un autre homme, il devient enfin lui-même ! Car, chaque nuit, il se retrouve transporté vers les hautes terres du Rêve, un monde fantastique où d'intrépides aventuriers livrent bataille à des créatures des ténèbres, un monde peuplé de brigands et de sorciers, sur lequel plane l'ombre de l'abominable Cthulhu...
En dépit de sa peur, David se sent de plus en plus attiré par cet univers exaltant, prêt avec ses compagnons à relever des défis dont ils n'imaginent ni la portée, ni les périls.
Au risque de se retrouver prisonnier à jamais d'un monde où rêves et cauchemars sont l'unique réalité...


                  Déception. Voilà comment je résumerais ma lecture… quelque peu longuette. La plume de l’auteur m’a laissé un goût amer (des maladresses, des dialogues parfois inutiles qui ne sont là que pour signifier la réaction du personnage (page 41 : - C’est intéressant murmura Hero)) tant le tout sonne simple et simpliste. Le Héros se nommant Hero, l’illogisme de certaine réaction ou action… notamment sur le fait qu’Aminza (la donzelle en détresse) se fait sauver dans un chapitre puis au suivant se tape Eldin (un vieux roublard costaud et barbu) qui, pour première question, lui a demandé si elle s’était faite violer par le Sorcier. Ok. Soit. Je note pour aller dragouiller.

                  Autre déception : Les deux protagonistes ont une habilité au combat superbe. Vraiment. Et même si les scènes de combats sont très bien décrites( Soulignons aussi les décors et l’ambiance qui, pour un roman de fantasy sont certes classiques mais efficace) cela pêche comme je le soulignerais plus tard.
Le roman sonne comme un  Conan le Cimmérien (Howard, je t’aime et pardonne moi le parallélisme) dans cette volonté de récit « pulp » simple, efficace et sans prise de tête. Et ceci est fait avec réussite, presque puisque les maladresses restent et qu’il y a quelques longueurs, car nous passons tout de même un moment de lecture agréable si nous partons de ce postulat.


         La thématique du rêve, elle, est omniprésente mais bien utilisée : notamment sur l’univers de celui-ci qui ressemble à un monde ouvert de fantasy où se mêlent aventure et horreur. Mais également à travers la vie « réelle » de nos deux aventuriers. A noter que la passion pour la peinture de Hero me rappelle la nouvelle de H.P Lovecraft « Le Modèle de Pickman » que j’adore. Et, au fil du texte, nous découvrons quelques allusions/termes/mythes de notre cher écrivain…
       Mais hélas, c’est tout. Là où Lovecraft avait le talent et la créativité de rendre son humanité, ses hommes et ses mortels, faibles face à toute sa mythologie ; Lumley en fait des super-héros quasi-invincible, défouraillant à tout va du spectre annulant l’effet effrayant des créatures. Et cela va, à mes yeux, à contre-sens de l’œuvre de Lovecraft  (et ce même si dans les Contrées, les humains peuvent « blesser » les Dieux. Car peu de suspens/angoisse. Je conçois que la fantasy n’ait pas les mêmes règles et aboutissants que la nouvelle horrifique/onirique. Mais j’ai du mal à concevoir que cette œuvre partage l’univers de Lovecraft tant elle en est éloignée par son essence même.
Des thèmes communs : le rêve, les Dieux fous et étranges, le monde des Contrées du Rêve. Mais le reste ?

Je suis perdu devant ce texte tant j’en ai attendu beaucoup et tant j’aime le créateur originel. Il est donc important de souligner que si on s’éloigne du monde Lovecraft, en acceptant la simplicité et la facilité des combats, nous pouvons passer une bonne lecture. Mais je n’ai pas pu car, c’est mon tord, j’ai cru au « il rend le plus bel hommage au fondateur de la littérature horrifique contemporaine : H.P Lovecraft. » inscrit au dos du Livre. Et ce fut sans doute mon erreur.
Nous nous retrouvons donc face à un mélange de Howard(Conan)/Lovecraft. Ce qui, malgré mon amour pour ces deux auteurs, m’a laissé froid car parsemé de défaut. Tant pis.

Conclusion:

       Il reste un bien bel objet et un roman à lire lorsque j’ai envie d’hydromel et d’action. Ou juste un Pulp fantasy des 80’s.

       A lire : Conan Le Cimmérien, qui lui est un chef-d’œuvre complet. Tant que niveau écriture (efficace, rendant hommage à l’action ET au décor) qu’ambiance. J’aime et vous en ferez de même.

Note: 11 sur 20