Accéder au contenu principal

Powers- par Bendis et Michael avon Oeming

Who watches the watchmen? Cops !


Nos deux héros: Deena Pilgirm, Christian Walker.
Un mélange de film noir, de super héros et de polar prenant...


Brian Michael Bendis doit être l'un de mes scénaristes de comics préférés : Ultimate Spiderman que j'ai dévoré et que je conseil à tout fan de Spidey ( je ferais une chronique bientôt sur un autre très beau run de Spiderman), Daredevil où il a développé un univers sombre, prenant aux tripes et triste pour notre aveugle favoris et un très bon tas d'autres tout aussi bon.
Dans ma tête il est souvent associé à Brubaker (qui lui aussi est passé sur Daredevil reprenant le flambeau de Brian avec plus ou moins de talent) pour une simple raison: leur talent de l'intrigue, des dialogues et du thème policier. Une passion chez ces deux auteurs.

Niveau Brubaker je vous conseille : The Sleeper, Criminal (très bon polar), Incognito (pulp et espionnage) mais surtout  Fatale où se mèle polar et une ambiance Lovecraftienne. Génial.

Mais revenons à notre BD du jour : Powers - Qui a tué Retro Girl ?






Synopsis: L'histoire de Powers se déroule dans lequel les super-pouvoirs existent et sont un fait connu de tous. Tout le monde n'a pas de pouvoir, fort heureusement. L'oeuvre se concentre sur les enquêtes et la vie de nos deux enquêteurs tout deux appartenant à la brigade Powers (brigade s'occupant des affaires criminelles impliquant des personnes avec des "pouvoirs":

 - Christian Walker: enquêteur ayant beaucoup d'expérience et officiant à la Brigade Powers, il fut un super-héros nommé "Diamond" (les noms peuvent changés, je lis en Anglais) mais perdit ses pouvoirs. De nombreux mystères l'entourent.
- Deena Pilgrim:  Bleu "aussi bleu que le ciel" comme dirait un certain doublage de Metal Gear Solid et nouvelle partenaire de Christian. Drôle, courageuse et assez rentre dedans elle offre un contraste saisissant avec le calme de son collège. Pour la petite anedocte ce personnage se positionne à la 24eme place d'un classement portant sur les meilleurs personnages de comics.

Avant de commencer je dois préciser que j'ai l'édition anglaise : "Powers definitive collection vol 1" couverture dure, et très classe je dois l'avouer. Je préciserais aussi que je ne parlerais pas trop en détail de l'histoire puisqu'il s'agit d'une enquête... et le spoil c'est mal.

Le premier run (un run est une histoire liée à travers plusieurs parutions) de cette série et que j'ai donc entre mes mains   se nomme  : Qui a tué Retro-Girl ? Il couvre les numéros 1 à 6 de la série ce qui vous donne environ 160 pages pour 15 euros.
Si l'Anglais ne vous fait pas peur prenez donc la Definitive edition qui contient 480 pages pour la moyenne de 25euros.


L'espoir d'une ville gisait là, inerte.
L'histoire:

Première scène: Christian Walker est appelé pour intervenir dans une prise d'otage. L'occasion pour nous de voir ce qu'il en est de ce personnage. Il possède un charisme certains, une "tronche" comme dirait encore un autre. Son silence, son peu de phrase, le montrent "coincé dans son cerveau". Il est complexe, vraiment. Tout au long de l'intrigue des pistes, des petits détails nous le montrent.

Dans cette société remplie de super-héros, et de super villains, le pire arrive. Souvent. La nouvelle victime? Retro Girl : la coqueluche d'une société dorévanant morte, allongée dans une ruelle comme une poupée désarticulée.
Christian est mis sur l'enquête et lui met dans les pattes une rookie, une bleu, un de ces nouvelles recrues qui veulent en manger aussi vite que possible. Il s'agit de Deema, petit, bagarreuse et foutrement classe. A eux deux ils vont essayer de démêler ce sac de noeud... mais plus le temps passe et plus Deema sent que quelque chose ne va pas chez son partenaire. Peut être parce qu'il est un ancien super héros, peut être parce qu'elle découvre qu'il a eu une histoire avec Retro Girl ... et une effrayante Zora.



Comme introduit plus haut Bendis a un talent fou ! C'est indéniable. Il prend le temps de développer l'histoire à travers de longs dialogues (à la Tarantino à mes yeux) qui donne un effet crescendo aux scènes. L'utilisation des télévisions également pour transmettre des informations importantes ou tout du moins les présenter est très intéressante et peut nous rappeler des comics tel que Dark Knight Returns.
Il se fait réellement plaisir: les deux personnages sont au coeur de l'intrigue et les super pouvoirs n'interviennent que quelques fois. Il s'agit donc, ici, d'une réelle enquête : dure, longue, fastidieuse mais néanmoins prenante.
Bendis pose les bases de sa série: la ville, le réseau d'informations de Walker, la relation Walker/Pilgrim mais aussi les psyché des deux personnages.
La psychologie des personnages est  approfondie et se laisse notamment remarquée par le superbe travail de son coéquipier : Oeming.


Le dessin: 

Le parti pris ici est d'utiliser un dessin assez cartoonesque, à comprendre non réaliste. Cette approche est cohérente et crée un certains style. Le contraste est saisissant entre les événement (sombre, tragique)  et les dessins (léger, fin) qui nous les décrivent: c'est un coup de maître.

Il utilise également beaucoup les ombres, encrages plein. Mais ce ne sont pas des ombres naturelles ou dues à la lumière. Non. Elles sont surtout là pour montrer à quel point tout ici ressemble à un film noir. Il utilise également beaucoup le vide pour concentré le regard sur un point précis, mais également pour donner une sensation de malaise.
Pleine page, deux cases pas pages voir 16 sur une... tout est présent ici et c'est cool.

Le seul défaut à trouver? Il réutilise parfois les mêmes cases pour économiser du temps. Hélas.


 Note : **** Très bon premier tome d'une série à suivre, bonne enquête, bon dialogues, bon dessin et surtout des personnages creusés. What else?


Commentaires

  1. J'me sens daltonienne ... ;-)
    Ca a l'air d'être cool

    Juste : "L'histoire de Powers se déroule dans lequel les super-pouvoirs existent et sont un fait connu de tous. "
    T'as oublié un mot ? :-p

    RépondreSupprimer
  2. "les noms peuvent changés, je lis en Anglais"
    Comment tu te la pètes :P

    RépondreSupprimer
  3. Mouahahah, je t'ai tagué ! Tu es juste obligé de répondre à cela !

    http://oukouloumougnou.blogspot.fr/2012/07/le-tag-de-grignoteuse.html

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

L'originalité : indispensable chez l'auteur ?

Il y a des choses qui sont essentielles de savoir pour avancer dans la vie. Celle de comprendre que les claques font partie du jeu, que Alien 3 est un superbe film et que, au niveau de l'écriture, la course à l'originalité est une perte de temps sans nom. Parce que, tout simplement, elle n'est pas si primordiale.

"Wait ? What ? Je ne suis pas un mercenaire de la culture"
Oui, je sais. Et je l'espère. Je ne suis pas là pour te dire de te jeter sur chaque genre littéraire qui buzz. La phrase que je viens d'asséner est là pour provoquer. Mais la vérité qu'elle sous-tend est, elle, intelligible. Et cohérente. Et je m'en vais, du haut de mon clavier avec des touches assez douces, t'expliquer pourquoi. Es-tu prêt ami-e de la plume ? Allons-y.


Nous sommes les créatures des choses que l'on créée.



Si l'on en revient à la base même de la vie et de l'imagination, chaque chose que nous créons provient d'un empirisme social mais également d&#…

Black Messie: Florence et Féminisme

Il y a des livres que l’on lit et que l’on repose sans jamais y repensé. Ce dernier prend la poussière dans l’esprit et dans la bibliothèque, au point que l’on se demande ce qu’il fait ici. MAIS. CE LIVRE. N’EST PAS DE CELUI-CI. Oh non. Genre, pas du tout. J’ai lu ce livre il y a un an, voir plus et j’y repense tous les jours. Chaque jour, des bribes de textes et thématiques sautent dans les jointures fatiguées de mon esprit qui l’est tout autant. Parce que c’est une perle mais surtout un roman qui pousse plus loin que le simple polar : un véritable hymne au féminisme et un pavé pasolinien contre l’Italie. Et les hommes.



(Une problématique me reste dans la gorge tandis que j’écris ces lignes. L’empirisme. Je suis féministe. Un allié. Et je ne souhaite pas parler à la place d’autres parce que je crois en l’empirisme, au fait que l’expérience prime sur la théorie. Ma voix ne remplacera jamais la sienne. Néanmoins, je n’ai pas vu d’avis ou de critique sur ce texte dans mon entourage blo…

Alien, review d'une oeuvre culte

Alien de Ridley Scott est, avec Blade Runner du même réalisateur, un des films de science-fiction de prédilection à mes yeux.  Et, tout au long de cet article, je vais vous expliquer pourquoi vous avez devant vous l’un des plus beaux représentants de ce genre. Ellen Ripley, tes cheveux bouclés, ta culotte blanche et ta sueur chatouillant tes cris horrifiés. Je t’aime. Commençons



Un film d’horreur…. Certes… mais SF !

                Les films d’horreurs, souvent mal considérés par pas mal de monde à cause de leurs aspects (à la première surface) ridicules, ont bien souvent plusieurs sens de lecture. Car si ils jouent sur les peurs des spectateurs (Horreur/Peur,  vous suivez ? Vous êtes géniaux). Ils sont également des outils pour incorporer des thèmes, idées et critiques sur notre société. Romero et sa trilogie des zombies, qui est une satire de l’Amérique, en reste un des plus fameux exemples.
Mais la peur n’est pas (qu’) une affaire de gore, de course au trash et à la surabondance de…