Accéder au contenu principal

Glory, poing à la ligne.

Pour une lecture optimale je conseille de lire ceci avec une musique assez badass. Un « I 'm shipping out to Boston » des Dropkicks Murphys est donc conseillé. Ou un Living Saints de Polar Bear Club. Tu as bon goûts, je t'aime.

Cheveux dans le vent, sang sur les gants.... classe.


Surprise, un nouvel article. Ne me regarde pas comme cela, je suis tout aussi étonné que toi. Mais que veux-tu. D'ailleurs c'est une très bonne question, même si la réponse, au fond, ne concerne que toi et le reflet que tu évites avec talent, pour l'instant, devant ta glace presque propre. Mais je ne juge pas. Promis. Néanmoins, je peux te divertir quelques instants et te promettre une lecture qui changera ta vie. Si,si, tu verras.
Il était donc une fois....pas celle-là, l'autre. Bordel, suis un peu s'il te plait. Non, vraiment, j'ai une grande, très grande confiance en toi. Même si je comprend que la bande-son de cette article te donne envie de sauter. Coquin. Bref, ne me coupe plus. Sinon...







J'ai traîné mon spleen, mon goût pour la bière brune et mon porte-monnaie mourant récemment dans Grenoble, accompagné de deux potes que j'estime beaucoup. De type passionnées de littératures et aussi tarés que moi. Et, là, après deux ou sept librairies, entre deux étagères remplies de comics, je tombe sur Glory. J'avais envie de lire cette BD depuis un bail, j'avoue. Une promesse de poings dans la gueule, de tripes et de tendresse. Une promesse de lecture plaisante, le cerveau à l'écoute. Je la prend donc, la feuillette et tombe amoureux. Je descend à la caisse, l'échange contre des heures de ma vie et pars avec le sourire aux lèvres. Et après lecture, je dois avouer, qu'il s'agit d'un de mes coups de cœurs. Fin de l'histoire cool. Passons à la review.


Gear up guys, tonight we dine in hell's kitchen.


Il est intéressant de noter que je vous ai présenté cette œuvre comme étant une œuvre somme toute assez typée action, certes, mais ce n'est pas un défaut. Je veux dire Starship Troopers est un film d'action mais reste un chef-d'oeuvre absolu en terme de seconde lecture. Et ici, entre ces pages sentant bon l'encre et le quasi-neuf, c'est le même cas. L'action sert l'histoire mais l'histoire en elle même ne se résume pas à cela. L'auteur utilise des thèmes assez intéressants avec notamment le fait qu'un Dieu puisse être sur Terre et les problèmes que cela crée. Bien sûr. Mais des thèmes plus complexes tournent également autour de cela : le futur apocalyptique a empêché, les apparences, le sacrifice. Le comics contient également des petites piques à l'univers des comics même. La relation Suprême ( un Superman-like)/Glory rappelant les relations Wonder-Woman et le dernier fils de Krypton sert, ici, à critiquer le rôle donné aux femmes dans cet univers. Glory dominant Suprême montre l'opposé du mainstream  dans ce domaine. Une autre pique serait les super-cross-over-de-la-mort-inutile, c'est à dire lorsque des supers-héros de séries différentes (du même éditeur) squattent pour se battre contre la menace ultime. Une double-page pleine est consacrée à la présentation de ces héros venus prêter main forte avec au total environ trente personnages différents... qui seront presque inutiles plus tard. Joli coup.


" Prête-moi ta main"

Le point le plus marquant c'est surtout l'héroïne : Glory. Un mastodonte de force, de charisme, de punchline/one-liners (un one-liner est, dans le domaine du cinéma, un cliché pour personnage badass pour l'exemple prenez n'importe quel film de Schwarzy) pour qui casser un tank ne prend qu'un coup de poing. Mais ce qui marque c'est son physique: un bœuf, un vrai. Du muscle à tout les étages, des cicatrices énormes et un visage presque banal. ENFIN un physique cohérent avec le background d'un personnage. Fini la déesse capable de démonter un dragon avec deux doigts avec une taille de guêpe et une tenue ne servant qu'à cacher sa poitrine énorme. Quel vent d'air frais. L'auteur est allé jusqu'à lui donner une sexualité de pur plaisir. Pas de sentiments. On s'éclate. J'applaudis. L'évolution des mœurs est une belle chose. Il est également intéressant de noter la relation lesbienne, amoureuse et superbe, se déroulant dans les dernièrs chapitres. Rafraichissant dans un univers de comics où les héroïnes ne servent que de porte fantasmes.


A droite Glory. Ouaip. Logique.


Le dernier point : le dessin est superbe. Assez atypique. Mais ce sont surtout les couleurs qui m'ont marqué. Une utilisation de couleurs flash, de couleurs qui ressortent beaucoup. Magnifique. Cela rend la violence cartoonesque, belle et presque drôle. Jamais sérieux mais pas ridicule.


Conclusion : Un comics de qualité qui, derrière son aspect série-b simple, démontre une envie de creuser son univers, de tordre le cou aux conventions. De la baston, de l'épique, une héroïne badass et tragique, des couleurs marquantes, un run intéressant. Alors donne ta main et viens.




Commentaires

  1. Sauf qu'à cause de toi, on a dépensé trop de flouz ! (ceci est un blâme).

    Je ne commente point sur le reste, tu m'avais déjà donné envie de la lire avant que tu ne l'aies lue toi-même. ;)

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

L'originalité : indispensable chez l'auteur ?

Il y a des choses qui sont essentielles de savoir pour avancer dans la vie. Celle de comprendre que les claques font partie du jeu, que Alien 3 est un superbe film et que, au niveau de l'écriture, la course à l'originalité est une perte de temps sans nom. Parce que, tout simplement, elle n'est pas si primordiale.

"Wait ? What ? Je ne suis pas un mercenaire de la culture"
Oui, je sais. Et je l'espère. Je ne suis pas là pour te dire de te jeter sur chaque genre littéraire qui buzz. La phrase que je viens d'asséner est là pour provoquer. Mais la vérité qu'elle sous-tend est, elle, intelligible. Et cohérente. Et je m'en vais, du haut de mon clavier avec des touches assez douces, t'expliquer pourquoi. Es-tu prêt ami-e de la plume ? Allons-y.


Nous sommes les créatures des choses que l'on créée.



Si l'on en revient à la base même de la vie et de l'imagination, chaque chose que nous créons provient d'un empirisme social mais également d&#…

Black Messie: Florence et Féminisme

Il y a des livres que l’on lit et que l’on repose sans jamais y repensé. Ce dernier prend la poussière dans l’esprit et dans la bibliothèque, au point que l’on se demande ce qu’il fait ici. MAIS. CE LIVRE. N’EST PAS DE CELUI-CI. Oh non. Genre, pas du tout. J’ai lu ce livre il y a un an, voir plus et j’y repense tous les jours. Chaque jour, des bribes de textes et thématiques sautent dans les jointures fatiguées de mon esprit qui l’est tout autant. Parce que c’est une perle mais surtout un roman qui pousse plus loin que le simple polar : un véritable hymne au féminisme et un pavé pasolinien contre l’Italie. Et les hommes.



(Une problématique me reste dans la gorge tandis que j’écris ces lignes. L’empirisme. Je suis féministe. Un allié. Et je ne souhaite pas parler à la place d’autres parce que je crois en l’empirisme, au fait que l’expérience prime sur la théorie. Ma voix ne remplacera jamais la sienne. Néanmoins, je n’ai pas vu d’avis ou de critique sur ce texte dans mon entourage blo…

Alien, review d'une oeuvre culte

Alien de Ridley Scott est, avec Blade Runner du même réalisateur, un des films de science-fiction de prédilection à mes yeux.  Et, tout au long de cet article, je vais vous expliquer pourquoi vous avez devant vous l’un des plus beaux représentants de ce genre. Ellen Ripley, tes cheveux bouclés, ta culotte blanche et ta sueur chatouillant tes cris horrifiés. Je t’aime. Commençons



Un film d’horreur…. Certes… mais SF !

                Les films d’horreurs, souvent mal considérés par pas mal de monde à cause de leurs aspects (à la première surface) ridicules, ont bien souvent plusieurs sens de lecture. Car si ils jouent sur les peurs des spectateurs (Horreur/Peur,  vous suivez ? Vous êtes géniaux). Ils sont également des outils pour incorporer des thèmes, idées et critiques sur notre société. Romero et sa trilogie des zombies, qui est une satire de l’Amérique, en reste un des plus fameux exemples.
Mais la peur n’est pas (qu’) une affaire de gore, de course au trash et à la surabondance de…