mercredi 6 mai 2015

Control, Biopic de Ian Curtis


Par Anton Corbjin, 2007

                              

                             
Ce film, réalisé en 2007 par Anton Corbjin (artiste photographe connu pour ses travaux avec Depeche Mode par exemple) est arrivé par surprise devant mes yeux marrons. Je naviguais sur mon Netflix, cherchant à occuper mon  esprit fatigué et l’empêcher de trop penser. Puis je suis tombé dessus. Et la fatigue disparue. Et les pensées et leurs flots incessants arrivèrent. Pendant deux belles heures je découvris ce poète maudit qu’est Ian Curtis, et je compris, enfin, pourquoi Joy Division m’avait toujours attiré. Voici donc le biopic de Ian Curtis, l’homme hanté à la voix qui l’était tout autant. 

Joy Division, c'était ça les enfants.






                       

Résumé :


               Le film relate la vie du jeune et énigmatique chanteur, qui fut à l'origine d'un nouveau genre musical, hors de la scène punk britannique des années 1970, et du groupe Joy Division, dont il sera la figure emblématique de 1977 à 1980. Il traite également de son mariage précoce et de sa vie extra-conjugale, mais aussi de ses crises d'épilepsie de plus en plus fréquentes, qui, selon le film, ont contribué aux circonstances qui le pousseront au suicide, la veille de la tournée du groupe aux États-Unis.




Chronique :



               L’œuvre cinématographique est principalement basée sur le « mémoire » de la veuve de Ian Curtis, Deborah, nommée « Touching from a distance. ». Si il traite, et se concentre sur la vie du chanteur et ses problèmes de triangle amoureux composée d’une femme qu’il ne comprend plus et d’une groupie comblant ses sphères artistiques (ceci n’est pas une blague scabreuse, ils s’échangeaient des vinyles). Le film à surtout l’intelligence de souligné le spleen cher au chanteur.
               La photographie, de qualité remarquons le, a le bon goût de faire dans le noir et blanc. Mais derrière ce bon goût, il y a surtout une réelle volonté de dépeindre cette époque à travers le prisme de ce spleen : les villes de provinces où les petits boulot s’enchainent, où la pluie sale tombe, où le chanteur marche la clope au bec et sac sur le dos en quête d’un toit. Superbe. Elle nous laisse une impression de beauté tout en nous rappelant le drame interne qui se joue : celui d’un homme perdu, malade et fatigué de ne pouvoir réussir à allier deux sphères différentes ( sa vie normale avec sa femme, et celle d’artiste)., se sentant ainsi déchiré comme le montre un superbe plan d’un poteau électrique usé tiré de toute part par des câbles.




       
                 Malgré ce spleen apparent, et cette amertume présente, le film ne fait pas dans le drame, dans le pathos pur. Non, et heureusement. J’en aurais été le premier dégouté. Car pleurer pour pleurer ne rime à rien, ressentir et réfléchir c’est mieux. Le film nous montre donc l’évolution d’un gamin, que nous découvrons dans la première scène marchant dans la rue avec son dernier vinyle sous le bras,  passionné par l’art. Les premières minutes nous le décrivent comme un être proche de ses sensations et sentiments, comme un ado’ fumant clope sur clope en écoutant du Bowie (en se maquillant comme lui). Il rencontre Deborah, alors la copine d’un de ses potes, et la lui vole. Puis crée « The Warsaw » qui deviendra, par la suite, Joy Division. Puis, la renommée arrive et, avec elle, les désillusions. Personne ne semble le comprendre. Personne ne semble voir à quel point il se donne sur scène et ce qui lui en coûte, toujours proche d’une prochaine et nouvelle crise d’épilepsie. Lui qui cherchait le contrôle, en sachant qu’il ne l’aurait jamais.
        Le thème du « control », finalement explicite grâce au titre faisant référence , est impressionnant de justesse tant le personnage de Ian Curtis semble maudit, tragique. Sa maladie l’affaiblit, le prend, le jette au sol, le laisse là, las. Sans rien demander. Sans prévenir. Mais le contrôle peut également faire référence a cette dualité qu’était sa vie, comme dit plus haut.



               La grosse claque du film se trouve dans la performance de l’acteur incarnant Ian Curtis : Sam Riley. Sa prestation, réaliste et sans écart ni too-much, est dans un tel mimétisme scénique de Ian Curtis, qu’il est assez difficile de les dissocier. L’acteur, également musicien, se prête, comme avec ses camarades, au jeu du live avec Brio. Renvoyant la même énergie ,le même chaos que le groupe originel et original. Mais plus que les lives, il dépeint une intelligence, un spleen et une désillusion.  A tel point que la scène finale, où Ian se suicide dans la cuisine, en devient belle. Triste, mais sublime.
Pour comparer les deux prestations scéniques, les deux représentants le live à la BBC sur la chanson « Transmission ».



      L'originale

    La prestation du film, superbe de mimétisme dans cette perte de contrôle et cette souffrance de chanter.

Note : 20/20


Une claque cinématographique qui m’a acculé dans mon coin. Du pathos, de la réflexion, des émotions et surtout un joli témoignage de la vie d’un poète maudit mort trop tôt mais dont la vie, sans contrôle, semblait ne plus pouvoir continuer.
Joy Division sonne différemment, depuis. Mais quelle sonorité…

1 commentaire:

  1. "Ce film, réalisé en 2007 par Anton Corbjin (artiste photographe connu pour ses travaux avec Depeche Mode par exemple) est arrivé par surprise devant mes yeux marrons. Je naviguais sur mon Netflix, cherchant à occuper mon esprit fatigué et l’empêcher de trop penser. Puis je suis tombé dessus. Et la fatigue disparue. Et les pensées et leurs flots incessants arrivèrent. Pendant deux belles heures je découvris ce poète maudit qu’est Ian Curtis, et je compris, enfin, pourquoi Joy Division m’avait toujours attiré. Voici donc le biopic de Ian Curtis, l’homme hanté à la voix qui l’était tout autant. "

    Putain mais tu romances même ta vie :P



    20/20, ça tombe bien, parce que tu devras le revoir avec moi ;)
    (Même s'il met mal à l'aise de ce que tu m'as montré !)

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