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Mad Max: Fury Road

Mad Max : Fury Road
Ou la promenade dans l’apocalypse folle.




            Il y a des films, parfois, qui vous font languir. Longtemps. Peut être parce que vous êtes fan du superbe Mad Max 1, qui flirtait sur le revenge movie. Ou alors que vous êtes amoureux du tout aussi beau Mad Max 2 qui lui dessinait un « Wasteland » et un univers particulier. Si particulier, si original, si fou qu’il a influencé les décennies suivantes. Les esprits aussi. Fallout, Borderlands… Ou alors parce que vous avez découvert, pop corn à la main, la bande-annonce dantesque. Presque par hasard. 
            Et ce film est de celui-là. Je l’ai attendu. Et je ne suis pas déçu. 



Résumé: Ancien policier de la route, Max Rockatansky (Tom Hardy) erre désormais seul au volant de son bolide (une Ford Falcon XB 351) dans un monde dévasté où les clans de cannibales, les sectes et les gangs de motards s'affrontent dans des déserts sans fin pour l'essence et l'eau. L'un de ces clans est aux ordres de « Immortan Joe » (Hugh Keays-Byrne), un ancien militaire devenu leader tyrannique1. L'une de ses plus fidèles partisanes, l'impératrice Furiosa (Charlize Theron), le trahit et s'enfuit avec un bien d'une importance capitale pour le chef de guerre : ses « épouses », un groupe de jeunes femmes lui servant d'esclaves et de « ventres ».Immortan Joe se lance à la poursuite de Furiosa avec toute son armée motorisée à travers le désert. Max est embarqué malgré lui dans cette traque délirante, ayant été capturé et enchaîné à l'avant du véhicule de Nux (Nicholas Hoult). Il n'a pas le choix s'il veut survivre à cet enfer : il devra s'associer avec Furiosa...



Un univers intelligent :


                Georges Miller, papa des Mad Max originaux, revient à son premier amour et univers chéri. Cet univers sale, aride et désertique où la vie n’est presque plus. Ou les cicatrices d’un holocauste nucléaire sont encore fraiches. Là où le sable s’engouffre partout. Et où la santé mentale des hommes n’existe plus. Car seuls les fous, et les malchanceux survivent, ici. Pas de place pour l’humanité. Plus de place pour la paix. Retour à la nature primitive de l’homme… 



                L’un des points forts de ce film, c’est ça : ce Wasteland. C’est malsain (des personnes déformées par les radiations, des cannibales…) et bestial. Mais par-dessus tout : sublime. La photographie du film, la manière dans le réalisateur filme le désert infini, ce petit vent soulevant ce sable immortel. L’esthétique des véhicules, cohérent et réaliste, basé sur de la récupération et du « too much » sonnant comme un autel à la gloire des véhicules mécaniques… seuls rescapés de notre civilisation.  Le mot autel n’est d’ailleurs pas lâché ici par hasard. Le hasard n’existe pas. Nous retrouvons un culte religieux, où les volants servent tels des « crucifix ».


             
   Mais par delà cet esthétique, nous assistons à des sous-thèmes et des propos réflexifs prenant. Le réalisateur a même le respect, rare tant les films prennent l’auditoire pour des débiles, d’en faire des esquisses et laisser à nous, spectateurs, le soin de les continuer au gré de nos plumes et imaginations. Par exemple :

 - La réduction de l’Humanité à son rang d’animal pur et dur : Mad Max et sa muselière (quasi muet dans les trente premières minutes du film), les femmes « laitières » ; « les porteuses »… Un recul significatif et un parallèle intéressant avec les animaux et leurs conditions actuelles : une vache laitière que l’on oblige « enfanté » pour la traire…. 

- Le rôle de la femme dans une société patriarcale.

- Le rapport à la nature…

- Et bien d’autres…. 


Des personnages prenants :


                Autre point clé, et très bon point du film, se trouve être les personnages eux-mêmes. Des seconds rôles marquants (tel que le guitariste aveugle, qui fait de l’ombre à pas mal de gars) donnant du crédit à ce post-apo. Mais surtout des premiers rôles au top.


Mad Max:



               Joué par Tom Hardy, il possède la qualité de ne pas trop en faire. Et surtout, surtout, de ne pas trop être « brillant ». A comprendre, volant le regard du spectateur. Il est simple, marqué par son passé certes, mais perdu tout comme nous au centre d’un univers trop grand et sale pour lui. L’auditoire peut, donc, se retrouver en lui. Habile de la gâchette, avare en parole… mais jamais en classe. 






Immortan Joe





                    L’antagoniste de ce nouvel opus se trouve être un « gourou », un tyran possédant des réserves d’eau, dépouillant son peuple… et vivant dans la luxure la plus complète. Il est surtout le « Dieu » du culte de l’Immortan : un culte tribal, violent, ressemblant un peu aux vikings avec la notion de mort au combat et de Valhalla.
                Le costume de ce personnage est absolument prenant, ne laissant à l’acteur que l’expression de sa voix et l’intensité de son regard… et quel regard.
Charismatique. Tyrannique. Violent. 





Imperator Furiosa



              


                LE personnage de ce film. Tellement classe, prenant, charismatique, qu’elle vient frôler Ellen Ripley et concurrencer Starbuck de Battlestar Galactica dans mon top « femme badass et classe ». Charlize Theron fait un super travail dans ce rôle d’une femme décidé à tenter le tout pour le tout, quitte à défier toute la « Fury Road » qui la sépare de la « terre verte » qu’elle espère trouver.
               Un personnage de femme forte, dont le passé est seulement frôlé dans une conversation, mais qui peut se lire dans son regard où l’on devine ce qu’elle a traversé.




Conclusion : Un film qui m’a foutu une claque, un coup de poing dans les côtes tout en me laissant un sourire aux lèvres. Géant.
L’univers, l’esthétique, la photographie, mais surtout l’intelligence  derrière cette ribambelle d’action (fort bien réalisée) font de cette œuvre une pièce majeure de la post-apo. Dans le genre de film à la Starship Troopers, où l’on peut prendre du plaisir en mangeant du pop-corn devant ou bien en réfléchissants autour d’une bière avec des potes sur ses propos intéressants. 
Une réussite. Que je m’en irais voir encore.



Note: 18/20« What a lovely day »….

                

Commentaires

  1. Il t'est interdit de le revoir en mode VO sans ma présence !

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  2. & lire tes critiques. & partager ton point de vue sur la base de la base cinématographique qu'est Mad Max. & avoir encore plus envie de voir le nouveau en sachant que dès la sortie de la bande annonce je faisais déjà une danse de la joie quotidienne. & ta façon d'écrire. & tes analyses.
    & Merci.
    Nos conversations philosophico-existentialistes me manquaient.

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