lundi 4 mai 2015

Oap Tao



La Saga d’Oap Tao par Jean Marc-Ligny




                                                        



                La science-fiction est un terrier où se cachent de nombreuses bestioles en mal d’amour et de reconnaissance. Parmi elles, et toutes ces œuvres qui méritent votre coup d’œil, se trouve cette œuvre : « La Saga d’Oap Tao » aux éditions Actu-Sf.


Résumé: 

Oap Täo, baroudeur de l’espace, va de mission en mission avec son vaisseau spatial, transportant des cargaisons pas toujours légales, se frottant aux autorités et se mettant dans des situations périlleuses. Personnage haut en couleur, plein d’un bagout délicieux, il revient entre deux voyages se poser quelques jours dans un bar de sa connaissance, perdu au fin fond de l’espace. Là l’attendent à sa grande surprise deux étudiants qui veulent faire un mémoire sur lui. L’âge avançant, il accepte de leur raconter son histoire.

Chronique:


          Ce résumé, simple en apparence, laisse place à dés la première page à un monde vaste, cohérent et des personnages marquants. Car, ce qui marche ici, c’est bien l’univers. Il est sale, essoufflé. Triste. Réaliste. Les « décors », les planètes visités (dont la Terre qui est une prison/décharge laissée pour compte) sont décrits avec efficacité. Et sont assez diversifiés pour que l’impression de voyage nous tombe dessus. Une notion essentielle à un space opera qui se respecte. L’auteur évite cependant la peinture spleenesque d’un futur lointain. Non. Il use d’humour, de traits d’esprits… mais aussi d’intelligence.
             Le roman est, sans surprise aucune, rempli de thème et peintures réflexives. Car une œuvre, même divertissante, même populaire, sert à notre cervelle avide. Celle-ci ne nous fait pas mentir. Derrière l’aventure d’un baroudeur racontant son histoire en sirotant son alcool, se trouve le portrait sale et intéressant d’un univers. L’auteur utilise notamment ce qu’il nomme la « Fleur », une drogue extraite par (… lisez ce bouquin, vraiment…)… donnant l’un des plus beaux trips du monde : l’élévation spirituelle permettant d’accéder à la connaissance universelle. De l’effleurer du moins, du bout des doigts… avant de redescendre sur ce sol trop dur. Le corps fatigué et corrompu par la toxine. Il y a une opposition directe entre l’esprit et le corps. Une conception somme toute assez philosophique de l’humain, coincé entre la dualité de ses deux formes et deux « moi ».
    Mais d’autres thèmes se cachent entre les pages. Jean Mar Ligny a le bon goût, d’ailleurs remarquable, de nous dessiner une esquisse de réflexion et de nous en laisser la conclusion. Il parle ainsi du thème, sempiternel mais toujours superbe, des « droïdes » et notamment de leur ressemblance avec leurs créateurs tant au niveau moral qu’émotionnel.
Le dernier thème, la dernière peinture que l’auteur se plait à colorier, est celui de l’écologie. Notamment visible avec cette Terre dévastée, retournée à un temps ancien. Mais également par la planète que découvre Oap en quête de « Fleur », et de réponse, où la vie est au diapason avec sa flore. Nous renvoyant, nous autres bourreaux de la nature, dans notre coin.
    

                Le personnage d’Oap Tao, touche-à-tout ayant le don pour survivre quand d’autres meurt, est dans cette gamme également. Un réel aventurier mais ayant une petite note de tragédie appréciable. Je parle bien sûr du « tragique » au sens Grec du terme. Le héros, l’anti-héro, est bercé par les vagues de forces plus grandes que lui. Des divinités ? Une race extraterrestre mythique et intouchable en avance sur tout ? Et cette Bérénice, lui parlant dans ses songes et sa vie. Cette beauté aux yeux où il aimerait se noyer….


                La Saga d’Oap Tao est une réussite. Nous avons affaire à  un roman intelligent, divertissant et qui n’a pas peur d’aller là où il le veut. Nous l’accompagnons, d’ailleurs, sans broncher et avec un sourire non-dissimulé.


Note:  17/20
Car c'est une de mes petites claques de ma saison littéraire.

1 commentaire:

  1. Non mais de toute façon je suis déjà convaincue ! Un peu plus, un peu moins...

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