jeudi 18 juin 2015

Le Héros des Rêves- Brian Lumley

     
C'est beau...



           Mnémos, je vous aime. Non, vraiment. Parce que vous faîtes des superbes éditions. Parce que les couvertures dures c’est diablement la classe, encore plus reliées. Alors lorsque je vois une de mes maisons préférées, une édition et une couverture comme cela… je fonce, je fonds, je plonge. La tête la première. Et si sur la couverture se trouve un « d’après l’œuvre de Lovecraft… », je ne réfléchis plus.
Et je n’ai pas réfléchis.

Car Lovecraft, dont je suis un fan absolu, est un auteur qui me touche et me transporte. Son univers humide où la folie frôle trop souvent les mortels, où la mort les soulagent parfois, où la connaissance et l’esprit ne peuvent concevoir ce qui se cachent sous les draps sales de la nuit… pour tout cela. Il avait une imagination folle inspirée de ses rêves étranges, il n’est donc pas étonnant de voir son univers réutilisé tant son mythe et son culte sont appréciés. Il n’est donc pas étonnant de me voir plonger…


Nota bene : J’ai l’édition intégrale des « Légendes des Contrées du Rêve ». La critique qui suit ne porte que sur le premier roman de la trilogie : Brian Lumley. Une trilogie sur les « Contrées du Rêve », une contrée inventée par Lovecraft dans diverses de ses nouvelles.

Résumé :
Malgré une existence confortable et une carrière prometteuse d'illustrateur, David Hero ne peut s'empêcher d'éprouver un étrange sentiment d'insatisfaction : chaque jour ressemble au précédent, sans histoires, prévisible, bref parfaitement ennuyeux.
Mais la nuit, tout change : il devient un autre homme, il devient enfin lui-même ! Car, chaque nuit, il se retrouve transporté vers les hautes terres du Rêve, un monde fantastique où d'intrépides aventuriers livrent bataille à des créatures des ténèbres, un monde peuplé de brigands et de sorciers, sur lequel plane l'ombre de l'abominable Cthulhu...
En dépit de sa peur, David se sent de plus en plus attiré par cet univers exaltant, prêt avec ses compagnons à relever des défis dont ils n'imaginent ni la portée, ni les périls.
Au risque de se retrouver prisonnier à jamais d'un monde où rêves et cauchemars sont l'unique réalité...


                  Déception. Voilà comment je résumerais ma lecture… quelque peu longuette. La plume de l’auteur m’a laissé un goût amer (des maladresses, des dialogues parfois inutiles qui ne sont là que pour signifier la réaction du personnage (page 41 : - C’est intéressant murmura Hero)) tant le tout sonne simple et simpliste. Le Héros se nommant Hero, l’illogisme de certaine réaction ou action… notamment sur le fait qu’Aminza (la donzelle en détresse) se fait sauver dans un chapitre puis au suivant se tape Eldin (un vieux roublard costaud et barbu) qui, pour première question, lui a demandé si elle s’était faite violer par le Sorcier. Ok. Soit. Je note pour aller dragouiller.

                  Autre déception : Les deux protagonistes ont une habilité au combat superbe. Vraiment. Et même si les scènes de combats sont très bien décrites( Soulignons aussi les décors et l’ambiance qui, pour un roman de fantasy sont certes classiques mais efficace) cela pêche comme je le soulignerais plus tard.
Le roman sonne comme un  Conan le Cimmérien (Howard, je t’aime et pardonne moi le parallélisme) dans cette volonté de récit « pulp » simple, efficace et sans prise de tête. Et ceci est fait avec réussite, presque puisque les maladresses restent et qu’il y a quelques longueurs, car nous passons tout de même un moment de lecture agréable si nous partons de ce postulat.


         La thématique du rêve, elle, est omniprésente mais bien utilisée : notamment sur l’univers de celui-ci qui ressemble à un monde ouvert de fantasy où se mêlent aventure et horreur. Mais également à travers la vie « réelle » de nos deux aventuriers. A noter que la passion pour la peinture de Hero me rappelle la nouvelle de H.P Lovecraft « Le Modèle de Pickman » que j’adore. Et, au fil du texte, nous découvrons quelques allusions/termes/mythes de notre cher écrivain…
       Mais hélas, c’est tout. Là où Lovecraft avait le talent et la créativité de rendre son humanité, ses hommes et ses mortels, faibles face à toute sa mythologie ; Lumley en fait des super-héros quasi-invincible, défouraillant à tout va du spectre annulant l’effet effrayant des créatures. Et cela va, à mes yeux, à contre-sens de l’œuvre de Lovecraft  (et ce même si dans les Contrées, les humains peuvent « blesser » les Dieux. Car peu de suspens/angoisse. Je conçois que la fantasy n’ait pas les mêmes règles et aboutissants que la nouvelle horrifique/onirique. Mais j’ai du mal à concevoir que cette œuvre partage l’univers de Lovecraft tant elle en est éloignée par son essence même.
Des thèmes communs : le rêve, les Dieux fous et étranges, le monde des Contrées du Rêve. Mais le reste ?

Je suis perdu devant ce texte tant j’en ai attendu beaucoup et tant j’aime le créateur originel. Il est donc important de souligner que si on s’éloigne du monde Lovecraft, en acceptant la simplicité et la facilité des combats, nous pouvons passer une bonne lecture. Mais je n’ai pas pu car, c’est mon tord, j’ai cru au « il rend le plus bel hommage au fondateur de la littérature horrifique contemporaine : H.P Lovecraft. » inscrit au dos du Livre. Et ce fut sans doute mon erreur.
Nous nous retrouvons donc face à un mélange de Howard(Conan)/Lovecraft. Ce qui, malgré mon amour pour ces deux auteurs, m’a laissé froid car parsemé de défaut. Tant pis.

Conclusion:

       Il reste un bien bel objet et un roman à lire lorsque j’ai envie d’hydromel et d’action. Ou juste un Pulp fantasy des 80’s.

       A lire : Conan Le Cimmérien, qui lui est un chef-d’œuvre complet. Tant que niveau écriture (efficace, rendant hommage à l’action ET au décor) qu’ambiance. J’aime et vous en ferez de même.

Note: 11 sur 20 

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