dimanche 27 novembre 2016

Danse d'Atomes D'or - Olivier Liron




Retour sur le blog. Back dans les backs. Lancer le beat, MC Andros (Andros, la fraîcheur de lire) est de retour et c'est pas pour caresser des b....  Mince. Qu'est ce qui rime avec Beat? Je me suis perdu devant un enthousiasme un peu trop présent.
Recommençons.
Cette année fut riche en culture et coup de coeur. Pour en voir toute la liste, je vous laisse découvrir ma chaîne Youtube consacrée à la SFFF, aux BD et aux comics:



















Mais aujourd'hui, j'ai décidé de vous écrire sur ce blog, de relancer ce phénix dormant, pour vous parler d'une lecture intéressante de cette année. Et non sans surprise, nous allons parler de la claque de la rentrée littéraire 2016: Danse d'Atome d'or d'Olivier Liron.  Et, rentrons dans le vif du sujet: j'ai rarement vu quelque chose d'aussi beau.
Synopsis, générique etc:

Un soir chez des amis, O. rencontre Loren, une acrobate fougueuse et libre aux cheveux couleur de seigle. Ils s’éprennent follement, s’étreignent et s’aiment le jour et la nuit dans la ville qui leur ouvre les bras. Mais Loren disparait sans un mot. Inconsolable, têtu O. la cherche jusqu’à Tombelaine en Normandie. Là, il apprendra pourquoi la jeune fille si solaire et fragile, est partie sans pouvoir laisser d’adresse.
Librement inspiré d’Orphée et Eurydice, le ballet de Pina Bausch, Danse d’atomes d’or propose une nouvelle version du mythe. Ici, Eurydice n’a pas besoin d’Orphée…
D’une beauté à couper le souffle, écrit avec la rage de vivre, le premier roman d’Olivier Liron s’inscrit dans le droit fil de L’écume des jours de Boris Vian.


Plus qu'une réécriture du mythe d'orphée entre un Eurydice et Orphée, il s'agit surtout d'un roman vrai et sincère. Et tout sauf niais. La beauté de l'amour côtoie sa saleté, son réalisme. La douleur et la souffrance, le bonheur et la tragédie. La tendresse et la passion, la sexualité véridique. Celle qui réunie deux corps et deux coeurs dans une bataille synchrone. Qui n'est pas forcement belle, esthétique mais superbe d'énergie et d'animalité. Et dans ce portrait vrai, d'un amour Gainsbougrien (à mes yeux, il n'y a qu'à écouter Sorry Angel), dans cette peinture de cette danse où les sentiments prennent le coeur, le soumet et le rend fou, Olivier Liron tire son épingle du jeu.
Jamais niais, jamais risible ou ridicule, toujours superbe. C'est un véritable écho à des ressentis, une mélopée de sentiment s'entrechoquant. Rencontre, amour, tragique, spleen. Toute la beauté de la vie, de sa dureté à ces petits riens qui, sur le chemin jusqu'à la tombe, donne un aperçu de la poésie du monde se retrouve ici. Dans une sincérité presque nue, à fleur de peau, mais qui nous permet de se retrouver là-dedans: dans cette romance vraie. Jusqu'à la douleur.






Au premier temps de la valse...
     Je ne peux parler de cette oeuvre sans introduire toutes les choses qu'elles reflètent en moi. Lorsque j'y repense, lorsque je me perds dans les souvenirs de ma lecture, la mélodie de la Valse à milles temps de Jacques Brel me revient en tête. Sans doute car, cette Danse d'atomes d'or est une valse entre deux coeurs, entre deux temporalité de la romance. Mais c'est surtout le rythme de l'écriture qui amène à ce parallèle. Car Brel, dans son talent incommensurable, avait compris quelque chose: la poésie, c'est le rythme de la vie. Et Olivier Liron l'a totalement compris.
    La plume de cet auteur, dont c'est le premier roman il faut le signaler vu le niveau ici, atteint un tel niveau de superbe que je me suis permis de relire plusieurs fois la même page pour espérer, naif, en comprendre toute la substance. Le rythme. La mélodie. La ponctuation qui agresse, libère. Les phrases sonnent comme des claques, des punchlines délivrées avec autant de tendresse que d'agressivité. Il ne cherche pas à faire dans le joli, malgré un lyrisme certains, mais dans le rythme et la sincérité. Celle d'un amour vrai de sa beauté à son tragique.






C'est moi qui t'ai suicidé mon amour, je n'en valais pas la peine tu sais....

     J'ai eu l'honneur de rencontrer cet auteur lors d'une soirée dans une librairie au gilet rouge et à la passion littéraire meurtrie dans la superbe ville d'Annecy. Une rencontre exceptionnelle qui m'a permis de comprendre encore un peu plus une telle oeuvre. Car Olivier Liron a cette qualité d'être humain. Ce qui, dans notre société à l'humanité incertaine, est une très belle chose. La rage d'écrire, de ressentir, de peindre et de transmettre tout ce rythme de la vie, toute la poésie de la banalité au sublime, transparait à travers ses yeux. Et à travers ce roman. Un auteur à suivre, certes. Mais un auteur à remercier pour un tel roman. Pour cet écho superbe au vrai amour, à la vraie romance. Je vous laisse avec un énième parallèle qui m'a marqué, que mon esprit s'est permis de m'imposer:




"Passons, passons puisque tout passe
Je me retournerai souvent.
Les souvenirs sont cors de chasse
Dont meurt le bruit parmi le vent".


Apollinaire, dans Alcools.