Accéder au contenu principal

L'originalité : indispensable chez l'auteur ?




Il y a des choses qui sont essentielles de savoir pour avancer dans la vie. Celle de comprendre que les claques font partie du jeu, que Alien 3 est un superbe film et que, au niveau de l'écriture, la course à l'originalité est une perte de temps sans nom. Parce que, tout simplement, elle n'est pas si primordiale.

"Wait ? What ? Je ne suis pas un mercenaire de la culture"
Oui, je sais. Et je l'espère. Je ne suis pas là pour te dire de te jeter sur chaque genre littéraire qui buzz. La phrase que je viens d'asséner est là pour provoquer. Mais la vérité qu'elle sous-tend est, elle, intelligible. Et cohérente. Et je m'en vais, du haut de mon clavier avec des touches assez douces, t'expliquer pourquoi. Es-tu prêt ami-e de la plume ? Allons-y.


Nous sommes les créatures des choses que l'on créée.



Si l'on en revient à la base même de la vie et de l'imagination, chaque chose que nous créons provient d'un empirisme social mais également d'un empirisme culturel. Nous sommes des créatures culturelles, nourries et abreuvées à travers nos expériences de lecteurs/Spectateurs et humains. Je ne vais pas vous signifier, par une branlette intellectuelle dont je suis pourtant friand (j'ai un certains fétichisme pour les neurones), que l'originalité est par nature même impossible. Ce serait faux et le sophisme de l'argumentation me rendrait honteux. Par contre, ce que je veux signifier ici, c'est nous sommes les créatures d'une culture et que cette culture parsème notre créativité et nos écrits. Des images fortes d'un film, la poésie d'une verve, etc. Notre imaginaire, même inconsciemment, en est jonché. Des thématiques bibliques, jusqu'à d'autres sociétales. Tout peut s'y trouver. Nous nous inspirons de tout cela.
On peut également signifier que, selon une théorie, toutes les histoires et schéma narratif ont déjà été écrit. Et que la culture est un cercle continu qui tourne, tourne et roule sa bosse jusqu'au début des temps.
Nous peignons donc des peintures dans un mélange d'empirisme social et culturel et de notre propre imagination. Et c'est beau, c'est parfait. Parce que la référence à cet empirisme fait de nous des êtres humains. Mais également rend possible une analyse poussée de chaque œuvre.

Que reste-il alors ? L'être humain, pardi. La vraie originalité provient de vous. De votre plume, de votre façon d'aimer les phrases courtes ou longues, de choisir un terme plutôt qu'un autre. Sans doute est-ce tout cela. Mais, surtout, c'est votre sensibilité et votre cœur qui se trouve dans vos écrits. Même entre les lignes des lignes, il y a une partie de vous. Et nous sommes uniques. Et utilisé un "nous" pour parler d'unicité est drôle sémantiquement, je sais.
 Mais c'est vrai. Vos écrits ne sont pas qu'un roman, qu'une nouvelle. C'est une partie de vous. Aussi infime soit-elle. Aucune idée ne vient sans raison. Aucune thématique non plus. Ne l'oubliez jamais.

L'originalité, névrose moderne


Je pense sincèrement que nous sommes le fruit d'une culture. Mais que nous pouvons nous battre contre cela, explorer en profondeur ces chemins de narrations pour en retirer quelque chose. Vous l'avez compris: l'originalité existe. Je vous ai eu. Et je m'en excuse. Mais attendez, mon vrai propos est ici.
Ne passez pas votre temps à courir après cette sirène, après cette chimère. Ecrivez, encore et toujours. Qu'importe si le schéma narratif existe, qu'importe si l'histoire existe écrivez. Car ce qui peut la différence c'est l'être humain que vous mettez dedans. Et cet être humain est tout aussi passionnant que le livre que vous écrivez.
Promis.

Alors ami, amie plumeurs, je vous aime.


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Black Messie: Florence et Féminisme

Il y a des livres que l’on lit et que l’on repose sans jamais y repensé. Ce dernier prend la poussière dans l’esprit et dans la bibliothèque, au point que l’on se demande ce qu’il fait ici. MAIS. CE LIVRE. N’EST PAS DE CELUI-CI. Oh non. Genre, pas du tout. J’ai lu ce livre il y a un an, voir plus et j’y repense tous les jours. Chaque jour, des bribes de textes et thématiques sautent dans les jointures fatiguées de mon esprit qui l’est tout autant. Parce que c’est une perle mais surtout un roman qui pousse plus loin que le simple polar : un véritable hymne au féminisme et un pavé pasolinien contre l’Italie. Et les hommes.



(Une problématique me reste dans la gorge tandis que j’écris ces lignes. L’empirisme. Je suis féministe. Un allié. Et je ne souhaite pas parler à la place d’autres parce que je crois en l’empirisme, au fait que l’expérience prime sur la théorie. Ma voix ne remplacera jamais la sienne. Néanmoins, je n’ai pas vu d’avis ou de critique sur ce texte dans mon entourage blo…

La longue vie d'un auteur débutant

Il est drôle de voir que j'aime écrire. Pour plusieurs raisons qui, avec du recul et le cynisme que la vie m'a forcé à avaler, me ferait rire si la vérité ne se cachait pas derrière à gratter la fine surface du calme de mon esprit. C'est drôle, comme la fatalité l'est. Parce qu'enfant, je ne parlais pas. Incapable d'aligner des mots, des sons, je ne parlais pas. Un enfant perdu, troublé. Orthophonie et autres cacophonies d'apprentissage. Mais l'humour se cache aussi ailleurs :Parce que mon rapport à l'écriture même, à ces formes que l'on aligne sur des feuilles à carreaux ou non à toujours été une relation masochiste beaucoup plus funky que les films aux nuances grises et quantifiables.  Parce que j'écris mal. Moche.

Comprenez-moi, j'écris mal. Je ne parle pas de ma sémantique, encore moins de la rythmique que je mets dans mes phrases souvent, je l'avoue, entrecoupées par abus, ou sadisme de frustrer un lecteur, par des virgules bien …